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Pour
l’intérêt supérieur du pays, le CNDaDis a besoin des « talents »
et non des « griots » (Par : Docteur Mamadou Diallo, MD).
La conception artisanale de la démocratie et de la
bonne gouvernance, combinée avec l’enfermement dans une logique
d'insolence aveugle et autiste est entrain de transformer le CNDD
en une dictature sombre et criminelle qui désoriente et lui fait
oublier le sens des réalités du pays et du monde.
Des cajoleurs, adulateurs, flagorneurs et autres
lèches-bottes ont fini par créer autour du CNDD une ambiance
purifiée dans laquelle
« tout va bien et tout est rose, il n’y a plus
d’urgence, pas de priorités et que le peuple est à l’aise ».
Toute cette cour de conseillés politiques aux
« cerveaux mal irrigués »
s’est transformée en griots incapables de voir et
d’entendre les douleurs du peuple pour bien conseiller le
« déconseillé » Dadis :
le pire aveugle qui ne
veut voir, le pire sourd qui ne veut entendre.
Aucun conseillé et collaborateur du Capitaine Dadis
n’a le courage de jouer le rôle du « fou du roi » pour lui cracher
la vérité même celle qui blesse. Apprendre à dire non, c'est
aussi donner de la valeur à la réponse « oui ».
La vérité est indélébile, elle blesse mais il faut
la dire car, elle a pour rôle de rectifier certaines erreurs chez
des personnes sensées.
Au lieu de lui dire les vérités, ces conseillés ont
créé une cour de thuriféraires au sein de laquelle toute vérité
désagréable n’était plus bonne à dire, refoulant au calendre toute
latitude de critiquer objectivement le pouvoir et énoncer les
vérités qui dérangent, sans risquer de se faire renvoyer, tomber
en disgrâce, ou pire, se voir jeter dans les geôles du pouvoir.
Un proverbe africain dit:
celui qui fréquente le roi,
finit par trahir ses amis (populations).
Si le Chef de la junte militaire était patriote
comme il le réclame, il aurait crée une cellule d’analystes
chargés de faire le suivi de la situation politique, sans
complaisance et sans chercher à cirer les pompes du Chef de la
junte. Ça fait froid au dos l’incompétence de la junte militaire.
Ce qui freine d’autre part le changement, ce sont les cultures du
nivellement par le bas et la corruption qui animent son « Brain
trust », ses conseillés devenus des « prophètes
des malheurs ».
Dans l’histoire de la Guinée, le Chef s’est
toujours entouré de « béni oui-oui », personne n’ose aller
annoncer les mauvaises nouvelles et les vérités au chef d’État. De
fait, tout comme Sekou Touré et Lansana Conté, le capitaine Dadis
Camara continuera donc à se croire au merveilleux pays. Ce qui à
son tour crée un système pernicieux : le Président de la
République n’aime pas entendre des nouvelles désagréables, et donc
personne n’ose lui en apporter. Et comme personne n’ose
lui en apporter, il est donc normal qu’il n’en entende pas. Au
milieu de tous ces collaborateurs, conseillés, et autres
« Sages- ? », personne
n’ose faire le fou et parler d’une voix discordante.
Cela produit un effet pervers : le chef perpétue
son sentiment d’arrogance et d’omnipotence, car son entourage de
béni-oui-oui lui a fait croire que ses abus contre ses concitoyens
sont normaux ou pire, que ces abus sont des actes profitables pour
la population.
Les peuples ne décèlent cette folie qui habite
l’esprit de certains dirigeants maléfiques qu’après le temps de
l’apocalypse, quand ces derniers ont fini de ruiner le monde,
semant et laissant sur leurs passages, cendres, cris, cadavres et
désolations.
Un adage ne dit-il pas à juste titre que «
Quiconque a déjà une fois été mordu par
un serpent prend peur même devant un simple mollusque ».
Les Guinéens doivent ouvrir leurs yeux, leurs oreilles et leurs
intelligences pour ne pas être victimes d’une troisième dictature.
« Un chat gris restera toujours gris et même s’il
se roule dans la farine, sa couleur émergera de cette manière
« d’enfariner la réalité ».
Il faut que les Guinéens se méfient de ces
pseudos-opposants, aux rêves si facilement monnayables, mais
surtout, si prompts à marchander leur conviction contre des
postes administratifs pour pouvoir voler.
Ce sont les mêmes personnes « opportunistes » à la
recherche de postes et d’argent, qui avaient soutenu Lansana
Kouyaté à corps et âme, qui se sont transformés en griots du CNDD.
Ces « sans – situation » comme on pourrait les
qualifier, sont comme des
« Pitbulls » prêts à se jeter sur toute personne
qui offre une critique fut –elle objective du pouvoir
schizophrénique du CNDD.
Sa Sainteté le Pape Pie XII avait déclaré que,
« … là où l’opinion publique et les
critiques cessent de fonctionner librement, c’est là que la paix
est en péril ». C’est une réalité en Guinée.
Pourtant, de nombreux analystes politiques
nationaux et étrangers sont unanimes sur les dérives du CNDD, les
conclusions sont presque les mêmes, à quelques détails près : le
Capitaine Dadis Camara et son clan ont l’intention de tout faire
pour rester pouvoir, et cela même aux dépens de la vie des
Guinéens.
La vie est fébrile, elle est très fébrile
aujourd’hui en Guinée. La vie humaine n’a plus de valeur tant pour
le CNDD et sa junte qui n’arrêtent de mettre fin à cette vie de
manière brusque et immorale, sinon, de la martyriser. Ce sont les
mêmes militaires qui ont massacré les Guinéens dans les
soulèvements de Janvier et Février 2007 qui sont aux commandes du
pays, sans oublier les tueries des policiers par la milice de
l’Adjudant Claude Pivi devenu capitaine et ministre après le
putsch militaire. Ces événements malheureux resteront a jamais
gravés dans les mémoires des Guinéens.
« La mémoire n’est rien si elle n’est pas une prise
de conscience. Il faut rejeter la tentation de l’oubli »,
dixit Michèle Alliot-Marie, Ministre française de l’Intérieur.
Aujourd’hui, pour sortir le pays du fond de
gouffre, la junte militaire devrait mobiliser toutes les
compétences de tout bord politique et d’idéologie, sans
ségrégation d’ethnie ou régionale, en vue d’opérer des réformes
profondes, redresser l’économie nationale et faciliter la
transition vers un gouvernement qui est l’expression des urnes et
des armes.
Cinq mois après la prise du pouvoir par la junte
militaire, on assiste au statu quo, à la démotivation des
fonctionnaires et agents de l’État. Cette démotivation des
travailleurs de la fonction publique est due non seulement au
cumul des arriérés de salaires mais aussi et surtout aux
comportements de certains membres de la junte Militaire et dans la
gestion archaïque de l’après Conté.
Aujourd’hui, le trouble et le danger sont grands :
l’enthousiasme et l’espoir du peuple au lendemain du putsch ont
fondu comme du beurre sous le soleil. La cacophonie s’est
partout. On ne sait plus qui a tort et qui a raison : chacun
croit qu’il a raison sur tout et que son voisin a tort sur tout.
Aujourd’hui, cet immobilisme dangereux interpelle
le Capitaine Moussa Dadis Camara sur la nécessité de
s’autocritiquer, de réétudier la méthode de gestion du pouvoir, et
surtout d’écouter les critiques.
Les problèmes auxquels le pays est confronté
aujourd’hui sont à ce point, tellement graves qu’il faut se garder
de les aborder avec cette légèreté et hypocrisie légendaire qui
caractérisent certains Guinéens.
Avant de commencer à chercher la paille dans l’œil
du voisin, il faut s’occuper d’abord de la poutre qui se trouve
dans son propre œil. Tel devrait être la philosophie du Capitaine
Dadis Camara.
La Junte militaire a le devoir de prendre le passé
pour corriger le présent et préparer un lendemain meilleur. La
pauvreté n’est qu’une maladie d’esprit. Personne n’est né riche ni
avec le pouvoir. C’est aux Guinéens à eux seuls de prendre le
destin du pays afin d’en transformer en destinée.
Aujourd’hui, il existe un véritable contraste
inexplicable entre l’état de paupérisation des populations d’un
côté et l’embourgeoisement effréné des membres de la Junte
Militaire qui sont devenus des millionnaires voire des
milliardaires en 5 mois.
Dans quel pays au monde peut être milliardaire en
cinq (5) mois ?
C’est donc aujourd’hui une minorité qui détient
et monopolisent les richesses du pays tandis que les pauvres (la
majorité) s’appauvrissent davantage.
Aujourd’hui, la Guinée offre l’image d’un grand
repas, mangé par les plus forts, les plus corrompus, les plus
malins, les plus médiocres, tandis que les pauvres se contentent
des miettes, si ces miettes existent mêmes.
Les militaires qui se trouvent au sommet de la
gestion politique cherchent à absolutiser leurs propres intérêts
tout en foulant sous les pieds les intérêts du peuple et en
renonçant aux serments pris. Le CNDD est la personnification de la
violence, de la terreur, de la dictature et de la tyrannie, et il
faut empêcher l’expression des points de vue opposés d’où le
recrutement de ces « griots de la
toile ».
Les médias officiels étant voués à la glorification
du régime militaire, seul l’Internet (qui échappe au contrôle de
Dadis) offre un plateau de débats politiques riches, variés et
souvent hostiles à la Junte.
Ces opportunistes, « sans situation » qui cherchent
à toute occasion un moyen pour être appelés à la table à manger
(la mangeoire), sont prêts à insulter et calomnier tous ceux qui
ont des points de vue contraires à leurs idées figées et
rétrogrades de la démocratie et de la liberté d’expression.
Nous lançons un appel patriotique à la jeunesse
guinéenne afin qu’elle prenne ses responsabilités patriotiques,
qu’elle agisse, et reprenne le flambeau de la lumière, afin de
mettre un terme à un régime qui banalise la politique, tolère et
glorifie la médiocrité, l’impunité, le détournement des deniers
publics, somme toute bannir un système rétrograde, déficitaire
en leadership.
Aux Guinéens de tirer les leçons de l’histoire du
monde qui apprend qu’il faut lutter pour aspirer à la liberté et à
la justice, qu’il faut lutter pour prendre son destin en main,
qu’il faut lutter pour vivre dans la dignité. Il n y aura point de
liberté ou de justice sans la lutte. Ne pensez pas que Dadis et
ses clans se réveilleront un jour pour dire
« ok voilà vous êtes
libres, il y aura demain les élections libres… ».
Que l’on ne s’y trompe pas :
les Guinéens dans leur
majorité aspirent au changement, mais ils cherchent un leader
courageux, bref une « locomotive ».
Mais doit-on rappeler qu’en politique, le courage
tient dans le discernement et dans la volonté. La peur ne
conduit qu’à l’aveuglement. Il faut prier pour les jeunes
que Dieu les donne la force de voir et le courage de décider.
Pour les Guinéens patriotes, la vérité est
aujourd’hui à la fois tragique et simple : Le CNDD a échoué !
Comme dit l’autre :
« quelque soit la longueur
de la nuit le jour se lèvera ».
Docteur Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’Alliance Nationale pour la
Démocratie et le Développement (ANDD)
Fondateur et Administrateur de Guinea-Forum.
Contact E-Mail :
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